Publié par SPORTVOX

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Le joueur était immense, l’homme fantasque, unique de par sa personnalité complexe et insondable ... En 1995-1996, le prince des rebonds fut une sorte de Minotaure ... Mi-homme, mi-taureau, Dennis Rodman aida Michael Jordan et Scottie Pippen à reconquérir le titre NBA, défendant la raquette des Chicago Bulls avec une ardeur exceptionnelle ...

En apesanteur ... La raquette était son Baïkonour, son cosmodrome ... Echappant à la gravitation, snobant Isaac Newton ou Johannes Kepler, Dennis Rodman aurait pu faire se retourner Galilée dans sa tombe ...

Oubliées la pomme de Galilée à la Tour de Pise, les lois de Kepler, les formules de Newton ...

Quand Rodman chassait les paniers de la NBA, toute théorie s’évaporait ... Le rebond était son pain quotidien, et le démon Rodman se muait en ange, porté par des ailes invisibles ... Malgré sa petite taille, Dennis Rodman était capable de tous les exploits pour prendre des rebonds.

Très tôt, Rodman avait délaissé l’offensive et le challenge de marquer des paniers, pour devenir un rebondeur hors pair ... Stakhanoviste du rebond, travailleur de l’ombre, Dennis Rodman avait cependant des qualités techniques qui faisaient de lui un joueur complet.

Excentrique par son look, ses tatouageset ses cheveux aux couleurs sans cesse renouvelées, Dennis Rodman débarque en 1995 aux Chicago Bulls. Titré en 1989 et 1990 avec les Detroit Pistons, lassé de servir de porteur d’eau à David Robinson à San Antonio, Rodman quitte le Texas pour l’Illinois, et va relever le défi des tauraux de Phil Jackson.

Rodman retrouve le virtuose de Chicago, Michael Jordan, à qui il avait livré un homérique duel en 1989 et 1990 quand Detroit avait éliminé Chicago sur la route du titre ...

Orphelins de Michael Jordan en 1994 et 1995, Toni Kukoc et Scottie Pippen n’ont pas réussi à hisser les Bullsen finale de conférence, regardant en spectateurs l’hégémonie d’Houston et Hakeem Olajuwon ... Meilleur joueur européen avant son arrivée en NBA, le Croate Kukoc avait fait pourtant d’excellentes saisons en l’absence de Jordan, tout comme le lieutenant de ce dernier, Scottie Pippen.

Utopique au printemps 1995 malgré un exploit au Madison Square Garden face aux New York Knicks médusés, le come-back de Jordan prend réellement forme au début de la saison suivante. L’objectif de l’ancien meilleur joueur du monde est clair, reconquérir le titre en 1996 avec la franchise de l’Illinois.

Pour cela, Toni Kukoc sera sacrifié sur l’autel du temps de jeu. Comme un Drazen Petrovic quelques années plus tôt, le Croate ne sera pas la clé de voûte de son équipe, qui s’appuie sur un trident Jordan - Pippen - Rodman.

Pendant que MJ brille de mille feux et retrouve sa capacité exceptionnelle de nuisance dans les défenses adverses, Rodman le pompier éteint le moindre incendie.
Rebondeur hors pair, Rodman est un artisan majeur du record des Bulls en saison régulière: 72 victoires, 10 défaites en cette saison 1995-1996, le cinq de Phil Jackson a porté au pinacle l’efficacité de son basket ...

La froide lecture des chiffres ne révèle pas entièrementla contribution majeure de Dennis Rodman, épouvantail des raquettes. 14.9 rebonds de moyenne, Rodman personnifiait le rebond, comme John Stockton ou Magic Stockton respiraient l’assist. Sept fois consécutivementmeilleur rebondeur de la NBA, Rodman avait fixé en 1991-1992 une moyenne exceptionnelle de 18.7 rebonds par match, inapprochable depuis ... Personne dans l’Histoire, à l’exception du grand Wilt Chamberlain, ne fut aussi doué pour prendre des rebonds ...

Ange gardien de Michael Jordan, qui sera sacré MVP de la saison régulière et MVP de la finale contre les Seattle Supersonics, Dennis Rodman est avec His Airnessle grand bonhomme de cette saison 1995-1996.

Couronné pour la troisième fois, Rodman le rebelle loupe les lauriers individuels, lui qui a toujours vécu en marge de la norme. Son numéro 91 inauguré avec les Bullsest un défi au règlement de la Ligue, qui exigeait un maximum de 90 ...

La belle odyssée de Rodman et des Chicago Bulls prend fin en 1998, quand la carrière de Jordan atteint son crépuscule. Le maestro, lassé psychologiquement de son art, tire sa révérence après un nouveau three-peat, son bâton de maréchal, tout comme pour Rodman, qui part ensuite chez l’ennemi intime des Bulls, les Los Angeles Lakers.

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