Publié par SPORT24.COM

pietrus-forfait.jpgAprès avoir aidé «ses» Celtics à reprendre la main dans leur série contre les Sixers (victoire 107-91 la nuit dernière), Mickaël Piétrus revient sur sa non-sélection en équipe de France pour les Jeux Olympiques et dévoile ses rêves de titre NBA.

Mickaël, comment vous sentez-vous, notamment au niveau de votre genou ?
Ben moi je me sens tranquille, je vis la vie ! En fin de match, je dois mettre de la glace sur mon genou juste après le match pour ne pas que cela enfle. Athlétiquement je me sens mieux, cela fait deux ou trois semaines que je me sens mieux sur le terrain. Je suis un compétiteur, même si j’avais une jambe cassée je me battrais sur le terrain. J’ai envie de gagner un titre et pour moi c’est le plus important.

Sentez-vous que votre rôle évolue avec les Play-offs ou cela reste-t-il principalement défendre et marquer à trois points ?
 Pendant les Play-offs, c’est à Paul Pierce, Ray Allen, Rajon Rondo et Kevin Garnett de jouer. Nous, on est là pour aider l’équipe. C’est pas mal, Boston est connu pour sa défense et c’est comme cela que l’on gagne des matches. Quand j’avais 23 ans mon jeu était un peu fou, mais maintenant je prends mon temps sur le terrain et j’accumule de l’expérience avec des légendes.

Avez-vous l’impression qu’il y a un coup à jouer après l’éviction de Chicago et la blessure de Chris Bosh pour Miami ?
Je pense que toutes les équipes se disent qu’il y a un coup à jouer. Déjà, après le lock-out, en 1999, San Antonio l’a remporté. Donc si on continue de jouer comme cela c’est tout à fait faisable de remporter le titre, mais de l’autre côté aussi, c’est costaud. Il faut se concentrer sur les Celtics et ne pas penser au futur, ce n’est pas encore écrit. C’est vrai que l’on s’en sort pas mal contre Miami, mais on va se concentrer sur les Sixers pour le moment. Il faut les empêcher de courir, de jouer en contre-attaque. Ils me rappellent beaucoup les Suns d’il y a quelques années. Ils courent beaucoup, ils veulent marquer vite. En demi-terrain on peut les tenir. 

Je n’ai jamais craché sur l’équipe de France

— Mike Piétrus

Vous avez dit ne pas avoir de problème par rapport à la non-sélection en équipe de France pour les Jeux Olympiques, mais vous n’avez pas apprécié la remarque de Vincent Collet…
Moi, je respecte toujours les décisions. Même quand Claude Bergeaud était là, il ne m’a pas sélectionné et cela ne me dérange pas. Mais je ne vois pas le pourquoi de ne pas me respecter et dire que je suis un mauvais gars dans le vestiaire. Ça, c’est quand j’avais 22 ou 23 ans. A cet âge-là, tu ne sais pas où tu veux aller dans le basket, tu veux juste jouer et t’amuser. Mais je pense qu’après 30 ans, quand même, avec des enfants, je mérite le respect. Je respecte sa décision, il n’y a pas de problème. Les mecs qui étaient là l’an dernier, c’est leur joie, ils ont gagné la deuxième place. Moi je suis tout à fait avec l’équipe de France, qu’ils fassent de bons J.O., et voilà. C’est des mecs que je respecte. J’ai joué avec Tony Parker, Nicolas Batum, Boris (Diaw), Ronny Turiaf et Florent Piétrus (Ndlr : son frère). Maintenant on est devenu des vétérans, on essaie de jouer ensemble et de gagner pour le bien de cette équipe. Je vais les regarder à la télé, je vais supporter mon frère et l’équipe de France et leur souhaiter le meilleur.

N’y a-t-il pas un regret quand même pour vous, pour un athlète, de ne pas aller aux J.O. ?
Moi, personnellement, je n’ai pas de regret. Cela arrive, c’est la vie, je le prends positivement. Cela fait longtemps que je n’ai pas été en équipe de France. Cela aurait été un gros plus pour l’équipe de France. Je n’y serai pas et je vais la supporter.

Comment expliquez-vous justement cette absence depuis 2006 ?
J’ai eu beaucoup de blessures qui m’ont empêché d’aller sur le terrain pendant l’été. J’ai galéré avec mon poignet pendant trois ans, puis je me suis fait opérer du genou. Pour moi ce n’est pas me «foutre de la gueule» de l’équipe de France, c’est juste réaliser que j’ai été blessé pendant des années. Je suis désolé de ne pas faire partie de l’équipe de France depuis six ans. Je veux jouer le plus longtemps possible en NBA, il faut donc que je passe outre mes blessures et que je sois opérationnel chaque année.

Je ne suis pas le même Mickaël Piétrus qu’à 24 ans

— Mike Piétrus

Cela vous a-t-il surpris d’être catégorisé comme cela ?
Je ne vois pas pourquoi on me dit que je ne suis pas bon dans un vestiaire, cela n’a pas de sens. Moi j’ai une joie de vivre énorme que j’apporte en équipe de France, on rigole entre copains. Ce n’est même pas entre copains, on est entre adultes maintenant, on a tous 30 ans dans cette équipe, je me rappelle quand Rigaudeau avait 30 ans, maintenant c’est notre tour. Moi je veux juste être avec des copains et s’arracher pour gagner quelque chose ensemble. Mais le plus important pour moi c’est mes enfants, prendre soin d’eux tous les jours. J’étais disponible, je n’ai pas été sélectionné. Je suis sur la liste d’attente, on verra. Je n’ai jamais craché sur l’équipe de France. Il faut que ce soit clair. Je ne suis pas le mec dont on parle et il faut arrêter cela s’il vous plait.

Pensez-vous que ce qui s’est passé l’an dernier, quand vous êtes arrivé blessé, a rajouté à l’incompréhension ?
 L’an dernier j’étais disponible pour l’équipe de France. Je me suis entrainé en Guadeloupe, bien que je sois blessé, donc pour moi ce n’était rien. Juste de la glace et du repos. Et je remercie le «doc» de l’équipe de France qui m’a aidé et qui m’a dit simplement « personnellement, pour ta carrière, je préfère que tu renonces ». Le plus important c’est la carrière pour un sportif. J’allais me battre pour cette équipe, et apporter mon expérience. Quand j’étais à Golden State je n’avais pas d’expérience. Je suis allé en Finales NBA, en Finales de Conférence, maintenant avec Boston cela se passe très bien. J’ai acquis beaucoup d’expérience et j’ai pris beaucoup de recul par rapport à ce que je faisais il y a sept ans. Ce n’est pas du tout le même Mickaël Piétrus. J’aurais pu apporter mon expérience à cette équipe et grandir ensemble. Je ne vois pas pourquoi on me juge comme quand j’avais 24 ans. Je vais avoir 31 ans et j’ai deux enfants, j’ai des responsabilités sur le dos, je ne vais pas aller en équipe de France et «foutre la merde» comme on dit en France. Pour mes enfants, ce n’est pas bien ! Ce n’est pas l’image de père que je veux donner.

Avez-vous l’impression d’avoir votre meilleur chance de gagner le titre cette saison, plus encore qu’avec le Magic d’Orlando en 2009 ?
C’est différent. Vous vous rendez compte, je joue pour l’une des meilleures écuries de basket dans le monde. Depuis les training camps, c’est le titre qui compte. Donc pour moi c’est important d’avoir fait le choix de venir à boston. J’avais plusieurs choix en décembre quand j’ai quitté Phoenix. Et j’ai fait le bon !

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